jeudi 18 avril 2013

Pièce d'eau au jardin (3/3)

Voici le troisième et dernier volet sur la réalisation de ma petite mare, le précédent épisode retrace la pose de la bâche EPDM et la mise en place des pierres pour la finition.

Profitant de la pente qui mène à la terrasse, j'avais déjà imaginé la création d'un petit ru d'eau qui se déverse dans la mare en contre-bas. Le dénivelé est d'environ 1,20m et il est important d'en tenir compte pour l'achat de la pompe qui va remonter l'eau.  Hé oui, il ne faut pas acheter n'importe quelle pompe !
Les autres critères importants à prendre en compte sont le débit sachant  que la moitié du volume de la mare doit être recyclée dans l'heure et enfin, on peut également s’intéresser à la consommation électrique si la pompe fonctionne en continue.
Après avoir décaissé le terrain par niveau  et placer mon tissu géotextile et  ma bâche en caoutchouc, j'ai pu disposer des pierres de part et d'autre du ru ainsi que des graviers ronds et des galets noirs et blancs pour camoufler la bâche et rendre l'ensemble plus esthétique. Pensez à bien créer ces niveaux pour retenir vos cailloux telle une succession de micro-cascades.
Ces photos mettent en évidence les différents niveaux et le tracé quelque peu sinueux qui conserve un aspect naturel à l'ensemble. 

Les premiers végétaux en bac sont disposés autour du bassin.
Le nénuphar est placé au point le plus profond du bassin. Le petit ru d'eau vient se jeter dans la mare. Un petit couloir recouvert de pouzzolane en périphérie permet un entretien facile de cet espace.
On distingue au premier plan la petite zone marécageuse idéale pour les plantes qui aiment avoir les pieds dans l'eau. Ce petit réservoir se trouve alimenté par l'excès d'eau du bassin principal.
La pente est aménagée par une rocaille d'un côté et  ...
par la pelouse de l'autre côté. Des graminées, des lavandes et de l'aubriète recouvrent la rocaille.

Voici ce que donne la réalisation depuis la terrasse, un an après la création de la mare.
Carex buchananii
Schizostylus coccinea 'Major'
Caltha palustris
Le gerris (punaise d'eau) colonise rapidement les lieux ...
Toutes mes plantes sont mises en pot pour éviter la prolifération. Cependant des graminées comme Phalaris arundinacea 'picta' auront vite fait de traverser les pots.
Carex pendula et Phalaris arundinacea 'picta'
Nénuphar inconnu
Iris versicolor
Les premières décorations en fer forgé,

La résine  ... ça peut être sympa aussi.
En plus du défilé incessant des oiseaux qui viennent s'abreuver et se nettoyer du matin jusqu'au soir, vous aurez peut-être la chance de rencontrer de charmants batraciens comme ces tritons alpestres ...
Femelle triton alpestre
Deux mâles et femelle triton alpestre
Cette mare est devenue un petit système écologique presque autonome qui demande toutefois un peu d'attention et de nettoyage régulier en période estivale ainsi qu'un nettoyage de fond à la sortie de l'hiver : retrait des matières en décomposition, suppression du surplus végétal. Les plantes de bassin ont la fâcheuse tendance à proliférer rapidement.

Quelques inconvénients à signaler ... le faible volume du bassin et l’absence de système de traitement spécifique des algues favorisent le développement de celles-ci.
Pour limiter l'évaporation et le réchauffement trop important de ce faible volume en cas de forte chaleur ou de vent trop important, j'ai ajouté un dispositif  manuel de coupure d'alimentation de la pompe.

Quoiqu'il en soit, je vous conseille vivement de prendre du recul, de mettre à plat vos idées et de faire des plans avant de vous  lancer dans un projet similaire.
Et enfin, quelque soit la saison, je peux vous assurer que vous prendrez plaisir à admirer ce lieu plein de vie.

dimanche 3 mars 2013

L'appel de la pelle ...

Voilà, ma dernière commande chez Filroses est arrivée. Finit de rêver, de  faire des plans sur la comète, la saison redevient propice aux plantations. Sortons les outils car j’entame l'année 2013 par la plantation du rosier liane Rosendorf Steinfurth que je guette depuis deux ans.

Je suis prévenu, chez certains il est sensible à l'oïdium et lent à se développer et chez d'autres il est juste magnifique. Dans quelques mois nous serons fixés. En attendant et sur les conseils des copines blogueuses, je tente l'accompagnement de mon jeune cerisier Bigarreau Burlat avec ce beau grimpant.
Pas facile de faire son trou... petit sondage entre deux grosses racines en surface et c'est parti pour l'excavation. Comme c'est une première, je me donne le droit à l'erreur.
En prime, voici quelques roses de Noël du jardin. Ce sont des Helloborus orientalis plantées il y a trois ans. J'adore cette plante au couleur sombre et ténébreuse qui a bien du mérite de fleurir lorsqu'il fait froid, bravant les coup de gel répétés qui lui font courber l'échine !

Tellement courant que nous oublions parfois d'immortaliser ces petits Galanthus nivalis ou perce-neige, annonciateur du printemps qui arrive enfin !
Enfin la classique Helloborus niger qui se plaît dans ma rocaille produisant chaque année de nombreux rejetons issues de mes deux pieds mères. C'est une plante qui se ressème très facilement si vous laissez la floraison montée en graine.
Dernière petite chose car j'oublie souvent de le faire, il est conseillé de supprimer les feuilles flétries et abimées à l'apparition des premières hampes florales.


lundi 28 janvier 2013

Neige au jardin ...

Les dernières neiges ont laissé la place à quelques photos souvenirs ...
Nos compagnons à quatre pattes prennent plaisir à s'amuser dans la poudreuse.
Les structures décoratives du jardin revêtent leurs plus beaux écrins.

La balançoire est désertée depuis longtemps.
Les graminées abattent leurs plus beaux atouts et se parent de joyaux étincelants.
Quelques fougères aux feuillages persistants nous rappellent que la vie n'est pas morte au jardin.
L'hiver et son vent glacial résonnent au travers du carillon d'argent.
Les flocons de neiges ont remplacé le pollen des fleurs ...
A quoi penses-tu  quand je capture ton portrait ?



dimanche 6 janvier 2013

Ghislaine de Féligonde

Ghislaine de Féligonde est le premier rosier que j'ai planté dans mon jardin. Il provient d'une bouture que m'a offert mon voisin, grand amoureux lui aussi des roses.
Ce beau grimpant peu épineux est entretenu comme un petit arbuste de deux à trois mètres de hauteur. De nombreuses cannes droites et rigides partent de son pied. Le poids de ses multiples inflorescences finit par arquer ses branches de façon homogène sur tout le pourtour du rosier à la façon d'un pleureur mais sans excès. Dans mon jardin, il n'est pas tuteuré et il s'en accommode très bien. Seul bémol, la présence de vent violent peut déstabiliser cet équilibre et une taille de remise en forme sera peut-être nécessaire.
Il supporte la mi-ombre mais au jardin, je l'ai planté en situation très ensoleillée et il n'a pas l'air de s'en plaindre. Côté maladie, il est indemne. L'exposition ensoleillée peut pigmenter voir brûler son feuillage  vers  la fin de l'été mais celui-ci sera renouvelé d'une manière ou d'une autre l'année suivante.
C'est un rosier dont les pucerons raffolent. Si l'invasion n'est pas trop importante, je pulvérise une macération à base de feuilles de rhubarbe. Ce purin léger n'a pas une mauvaise odeur car il a peu fermenté et il reste stocké à l'abris de la lumière extérieur afin de bloquer ce processus de fermentation. Ce traitement insecticide est plutôt efficace pour éliminer ces pucerons qui vont mourir sur place par l'effet de l'acide contenu dans cette préparation. Quoi qu'il en soit, c'est un rosier vigoureux qui supporte très bien ces attaques.
Sa couleur est admirable et passe de l'abricot au rose pâle voir au blanc. Son parfum bien que léger ne laisse pas indifférent surtout lorsque vous circulez à proximité de ses centaines de fleurs écloses.
C'est un rosier remontant qui fleurit régulièrement mais la première floraison au mois de juin reste un feu d'artifice pour les yeux.
Certaines associations comme avec cette spirée du Japon renforceront son côté romantique.

samedi 5 janvier 2013

Charles de Gaulle

Maintenant que je vous ai présenté Blue girl (voir l'article précédent), il faut bien que je parle un peu de ce magnifique rosier arbustif Charles de Gaulle. Ce qui m'a attiré chez lui, c'est avant tout la couleur mauve atypique de sa fleur et sa forme double classique. Mais aujourd'hui, je ne pourrais plus m'en séparer à cause de son parfum  puissant et légèrement citronné.
C'est un rosier bien florifère et remontant avec au moins trois floraisons par an dans mon jardin. Chaque tige produit de une à trois fleurs.
Cet hybride de thé possède un port droit et rigide que je trouve un peu désordonné. Il faut le tailler de façon à ce que les tiges ne s'enchevêtrent pas les unes avec les autres et surtout penser à bien libérer son centre afin de faciliter la circulation de l'air et limiter les risques de maladie. A ce sujet, c'est un rosier sensible qui demande un peu plus d'attention et de traitements que d'autres. Chez moi, il souffre principalement de la rouille entraînant une chute des feuilles. Il a donc tendance à se déplumer par le bas ce qui ne le rend pas très gracieux. L'oïdium peut également être présent sur les jeunes tiges et les boutons floraux.
J'ai essayé de le fortifier l'hiver dernier en lui fournissant une fumure bien décomposée ainsi qu'une poignée de cendre de bois et je trouve qu'il s'est mieux comporté cette année. Contre l'oïdium, j'ai commencé à utiliser des traitements plus respectueux de l'environnement à base de lait dilué à l'eau. Ce traitement semble efficace si la maladie est peu avancée. On peut également renouveler les pulvérisations au bout de quelques jours mais si le blanc ne disparaît pas, il est préférable de couper les parties trop infectées.
On le dit sensible au froid et pourtant chez moi, il a très bien supporté une dizaine de jour à -15°C protégé uniquement par un léger buttage.
C'est un rosier qui supporte bien le plein soleil même à proximité d'un mur blanc comme chez moi. Cependant, quand le soleil est vraiment trop intense, la fleur tient moins longtemps et l'extrémité des pétales se dessèche plus vite.
Planté initialement devant la fenêtre de ma cuisine dans une sorte de grande jardinière à même le sol, j'ai cependant décidé de le déplacer cet hiver dans un massif du jardin où il bénéficiera d'une terre plus fraîche durant la période estivale. 
Quelques vivaces comme la gypsophile vivace et l'alchémille en contraste viendront masquer son pied dénudé.





Blue Girl

J'ai fait l'acquisition de ce rosier en 2011 tout à fait par hasard lors d'une visite de salon. J'avais noté en priorité l'achat du rosier Charles de Gaulle sur ma liste de préférence. Celui-ci étant indisponible à l'époque, le rosiériste me conseilla de tenter l'aventure avec un rosier nommé Blue Girl. Ce rosier buissonnant à un port droit et rigide mais reste bien équilibré. Les feuilles épaisses sont vert foncé et luisantes.
C'est un rosier remontant qui refleurit deux à trois fois dans l'année sans profusion de fleurs mais il reste encore jeune chez moi. Chaque tige se pare d'une fleur unique de couleur mauve à parme dont l'extrémité des pétales est nettement plus foncées. Cela confère un aspect chic et rétro à la fleur.
Le parfum est bien présent et fruité mais reste pour moi en deçà du parfum de Charles de Gaulle.
Annoncé comme très résistant aux maladies, ses feuilles peuvent souffrir néanmoins de la rouille sans que celle ci ne produise rapidement une chute des feuilles. Comme de nombreux rosiers à risque, il est important de l'aérer en son milieu. Dès que j'en ai l'occasion, je retire également les feuilles trop contaminées pour éviter la prolifération de la maladie. Quoi qu'il en soit, soyez rassuré car ce n'est pas le genre de rosier à se dégarnir par le bas.

Au jardin, je ne lui ai pas accordé l'importance et la compagnie qu'il mérite. Dans l'attente, j'ai planté à son pied des bulbes d'Allium Molly au feuillage vert et légèrement bleuté. Je trouve que ces ombelles jaunes qui apparaissent fin mai préparent à merveille l'arrivée des premières roses.
Blue girl associé à l'Allium Molly.
Blue girl en concurrence avec les grandes cannes du grimpant Pierre de Ronsard.
Cette année, j'ai réalisé deux boutures d'été à partir de tiges taillées après la première floraison; l'une d'elle présentait déjà de belles racines au début de l'hiver.





samedi 22 décembre 2012

Mousseux, sucré, Salet ...

Planté au printemps en ombre légère, ce magnifique rosier tient déjà toutes ces promesses. En moins d'un an, il a su développer de nombreuses tiges érigées en tout sens.
Lors de sa plantation en juin
Ce rosier buissonnant, équilibré, touffu et vigoureux, aux feuilles d'un vert mat a déjà atteint une bonne dimension, soit 1,1m de hauteur sur 90 cm de large. Paradoxalement à son côté rustique,  il  fournit des fleurs aux pétales rose claire chiffonnées très douces à regarder. C'est un rosier très remontant qui fournit pratiquement des fleurs en continu. Son parfum très agréable et sucré, évoque le souvenir des senteurs de Rose d'antan.


Une caractéristique étonnante qui m'a amusé sur ce rosier est son étonnante pilosité. A la base de la tige florale se forme une sorte de mousse qui libère au toucher une substance collante dont le parfum rappelle l'odeur de la résine de pin.

Au jardin, je l'utilise comme haie moyenne en transition de deux rosiers grimpants Narrow Water déjà installé sur ma tonnelle et un futur rosier grimpant  Frau Eva Shubert qui sera planté l'année prochaine.

Il se sent à l'aise en terre lourde et fraîche et il commence déjà à drageonner, ce doit être un signe ! 
Côté maladie, il s'en tire plutôt bien mais on pourra noter une légère sensibilité à l'oïdium en début d'été.

Si je devais lui faire un seul reproche ? Les boutons floraux supportent très mal l'humidité. Ils auront tendance à pourrir sur tige lorsque la pluie s'installe. Dans ce cas, comme pour de nombreux rosiers aux pétales abondantes et serrées, je prend le soin de retirer les premières pétales qui empêchent l'éclosion de la fleur.